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UBP in the press 03.02.2016

«La gestion d’actifs est un métier cher»

«La gestion d’actifs est un métier cher»

Le Temps


Nicolas Faller, coresponsable de la gestion d’actifs au sein de l’UBP, met en avant les efforts à fournir et les atouts nécessaires pour devenir un acteur de référence sur ce marché.

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Nicolas Faller est coresponsable de la gestion d’actifs au sein de l’Union Bancaire Privée (UBP), qui compte 200 collaborateurs, dont la moitié est basée à Genève. C’est une activité sur laquelle l’établissement genevois, comme beaucoup d’autres, mise énormément pour son développement futur. UBP Asset Management gère aujourd’hui 32 milliards d’actifs contre 27 milliards environ il y a un an, avec une croissance à deux chiffres en 2015 pour la quatrième année consécutive.

Craignez-vous que 2016 soit une année cataclysmique pour les marchés financiers ?
L’environnement a été très favorable pour l’ensemble des classes d’actifs depuis 2012, notamment grâce aux importantes injections de liquidités des banques centrales. Depuis l’été dernier, nous connaissons toutefois une période de forte volatilité qui s’explique par trois facteurs: les incertitudes qui ont entouré la politique de la Réserve fédérale américaine, la très forte correction de la bourse chinoise après une forte hausse et, plus récemment, l’importante correction des prix du pétrole. Les marchés peuvent désormais perdre 10%, les reprendre juste après puis les reperdre à nouveau. Nous l’avons vécu au mois d’août, en octobre et à nouveau en janvier. Il va donc falloir réapprendre à vivre avec cette volatilité. Cela étant dit, nous ne sommes pas trop inquiets vis-à-vis de la situation actuelle.

Pourquoi?
Car l’histoire n’a pas radicalement changé! La politique de la Fed est ainsi parfaitement cohérente, elle consiste à mettre un terme à la politique des taux zéro sans pour autant agiter des hausses de taux à tout va. La remontée se fera graduellement et en fonction des chiffres économiques. Les autres banques centrales continuent d’injecter de la liquidité. Maintenant, il est vrai que la chute du pétrole inquiète et que la volatilité reste importante sur la bourse chinoise. Nous ne serions donc pas surpris de connaître une année en dents de scie, avec des gains et des pertes de 10% sur les marchés au fil des mois.

Où faut-il aller chercher des rendements dans un tel environnement?
Nous sommes plutôt orientés vers le risque actions, qui est le plus rémunérateur actuellement. Avec le retour de la volatilité, il faut surtout essayer de rester le plus mobile possible et ne pas hésiter à repositionner les portefeuilles quand les marchés corrigent. Le risque de défaut étant également plus important, il faut éviter de prendre trop de risques spécifiques et privilégier des stratégies liquides et actives desquelles on pourrait rapidement sortir si les événements devaient déraper. Encore une fois, nous ne sommes pas spécialement inquiets. La croissance reste correcte aux Etats-Unis et devrait se stabiliser en Europe. Quant aux pays émergents, nous préférons nous en tenir éloignés pour le moment. Mais si les prix des matières premières devaient se stabiliser, alors un important rebond serait possible sur ces marchés.

Quelle a été votre performance en 2015 ?
Nos performances ont été plutôt bonnes en général. Nous avons même eu une excellente année sur les actions suisses avec notre fonds qui fait partie des 3 meilleurs de sa catégorie, selon Morningstar, et de très bonnes performances avec notre fonds sur les actions européennes qui, pour la cinquième année consécutive, a battu les indices de référence. 2015 a également été une bonne année pour ce qui concerne la collecte des fonds notamment le high yield. Une collecte diversifiée, qui concerne l’ensemble de nos classes de fonds et qui n’a pas été le fruit d’une zone géographique ni d’une clientèle particulière.

Vous êtes deux CEO à la tête d’UBP Asset Management. Pourquoi?
Nous avons toujours été deux. Michael Lok, ancien responsable des investissements (CIO) de la banque privée de Credit Agricole, a remplacé Eftychia Fischer, qui s’est retirée de l’opérationnel pour devenir membre du conseil d’administration. Lui s’occupe des équipes de gestion alors que de mon côté je gère les équipes commerciales, marketing et produits. Mais nous prenons ensemble toutes les grandes décisions.

Quels sont vos objectifs à moyen terme? La gestion d’actifs est-elle appelée à devenir l’équivalent de la banque privée (32milliards sous gestion fin 2015, ndlr) pour UBP?

Je ne suis pas de ceux qui adorent chiffrer les objectifs. Pour moi vouloir atteindre X milliards sous gestion d’ici à cinq ans ne veut rien dire si l’on ne prend pas en compte les marges, par exemple. Maintenant, UBP ne fait pas 50 métiers, elle en fait deux: la banque privée et la gestion d’actifs. L’objectif de la banque est donc évidemment d’arriver à un équilibre entre les deux métiers. La banque privée reste le métier historique du Groupe et celui dans lequel la banque investit au travers de ses récentes acquisitions. Nous pensons pouvoir continuer à grandir plus rapidement de façon organique aujourd’hui dans la gestion d’actifs, un métier dans lequel nous avons déjà gagné pas mal de parts de marché. Notre fort développement géographique, que ce soit en Chine, à Taïwan, au Japon, en Italie ou en Grande-Bretagne, commence à porter ses fruits.

De combien de fonds disposez-vous aujourd’hui?
Une trentaine, dont 85% sont gérés par des équipes maison. Il y a 5 ans, nous avons décidé de faire davantage de choses nous- mêmes, nous avons ainsi recruté une équipe pour les actions européennes, par exemple, et une autre pour les actions asiatiques. Toutefois nous n’avons pas la prétention de pouvoir tout faire tout seuls, nous recourons donc également à des gérants externes.

Combien de stratégies cela représente-t-il ?
Nous couvrons une douzaine de classes d’actifs. Si nous sommes surtout reconnus pour notre couverture de l’ensemble du spectre fixed income – que ce soit dans sa version high yields, émergente ou convertible – nous nous sommes également fait un nom dans la gestion des actions. Que ce soit pour les actions suisses, européennes ou asiatiques que nous proposons, justement, via un gérant externe. Et puis la gestion alternative reste toujours un de nos points forts.

Une gestion alternative qui continue de décevoir année après année.
C’est vrai. Malgré des performances positives en 2015, les hedge funds ont malheureusement encore un peu déçu dans l’ensemble. Ils n’ont pas été capables de gérer la volatilité qu’ils ont presque autant subi que la gestion classique. Je pense toutefois que l’on pourrait connaître une meilleure année en 2016, même s’il est vrai que beaucoup de clients ont déjà un peu jeté l’éponge.

La gestion d’actifs est un secteur sur lequel se profilent beaucoup de banques suisses aujourd’hui. Comment vous démarquez-vous de la concurrence ?
Beaucoup de banques ont découvert les charmes de l’asset management relativement récemment, notamment parce qu’en raison de la réglementation il est beaucoup plus difficile de gagner autant d’argent aujourd’hui que par le passé dans la gestion de fortune. Le problème, c’est que la gestion d’actifs est un métier cher et qui nécessite du temps pour s’implanter. Vous ne pouvez pas devenir un acteur de référence sans avoir de très bons professionnels qu’il faut payer en conséquence. Ensuite les clients institutionnels, qui sont par ailleurs tout aussi regardants que la clientèle privée en termes d’informations et de transparence, ne vont pas vous confier de l’argent simplement parce que vous lancez un nouveau produit. Il faut être patient, se faire un nom. Chez UBP, nous avons l’avantage d’être présents dans le business institutionnel depuis une vingtaine d’années, les clients nous connaissent et nous ont vu à l’oeuvre aussi bien dans des périodes euphoriques que dans des périodes plus compliquées comme en 2008. Nous avons aussi des résultats qui, je pense, plaident en notre faveur.

Ces talents justement, est-il facile de les recruter?
Oui et non. Nous sommes moins dans un monde de mercenaires qu’il y a une dizaine d’années quand des équipes étaient prêtes à changer de banque du jour au lendemain pour 20% de salaire en plus. Aujourd’hui, les talents sont davantage soucieux de l’accompagnement auquel ils auront droit chez leur nouvel employeur, ils veulent savoir combien la banque est prête à mettre de sa poche au lancement du fonds pour que celui-ci soit tout de suite assez gros pour être géré correctement. Il y a 10 ans, personne ne posait cette question. Par ailleurs, ce n’est pas parce que vous êtes une bonne équipe de gestion que les clients vont automatiquement vous suivre. Nous en avons fait l’expérience avec une équipe que nous avons recrutée auprès de Threadneedle pour les actions européennes. Les clients ont attendu de voir, un ou deux ans avant de nous rejoindre. Je dirais donc que c’est un peu plus compliqué que par le passé, car les gens sont  moins mobiles. Par contre, si vous  arrivez à leur proposer un projet entrepreneurial satisfaisant, beaucoup sont prêts à bouger.

La lutte est-elle également rude en matière de tarificatio ?Les gérants d’actifs gagnent de
l’argent avec les frais de gestion. Et donc en réalisant de bonnes performances. La vraie guerre aujourd’hui met aux prises la gestion active et la gestion passive. Il faut être capable de tarifer correctement sa gestion active à condition de générer effectivement une surperformance. La pression est donc grande, mais c’est à nous, les acteurs de la gestion active, de la combattre. Il est très facile de succomber au dumping. Or ce n’est pas comme cela que vous allez construire une affaire durable.

Qu’entendez-vous par là ?
La seule chose qui compte à la fin ce sont les performances de vos fonds. Si elles sont bonnes, c’est que vous avez de bons gérants qu’il faut payer en conséquence. Du coup si vous faites du dumping, vous ne pouvez plus les payer. De la même manière, si vous faites du dumping sur vos produits de bonne qualité, vous allez grandir rapidement si bien que vous devrez fermer le fonds. C’est le serpent qui se mord la queue. Chaque gestion a son prix, il n’y a pas de raison de facturer trop ni pas assez. Le problème, ce sont les  gérants qui font de la fausse gestion active et qui n’arrivent plus à facturer au prix justement de la gestion active. Tant pis pour eux. Si pendant cinq ou six ans vous n’arrivez pas à battre les indices et que vous continuez de facturer à 100 points de base, à un moment cela n’est plus tenable. Ce qui est très bien d’ailleurs, car cela contribue à purifier le marché. Je ne connais aucune industrie au monde dans laquelle vous pouvez surfacturer de mauvais produits.

Propos recueillis par Sébastien Dubas

 

«Avec le retour de la volatilité il faut surtout essayer de rester le plus mobile possible et ne pas hésiter à repositionner les portefeuilles quand les marchés corrigent»

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