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UBP dans la presse 06.12.2016

L’impact du retour en force du politique

L’impact du retour en force du politique

Le Temps - Tout au long de 2016, nous avons connu une série d’événements politiques imprévisibles, ou du moins qui n’ont pas été anticipés par la plupart des experts et sondeurs.


Les élections et les référendums marquants de ces six derniers mois – le Brexit et, bien sûr, la victoire de Donald Trump – mais aussi les élections partielles ou les primaires dans plusieurs pays européens confirment une tendance au repli sur soi et une volonté générale de relance des économies, sous réserve que ces programmes bénéficient effectivement aux pays concernés, et non aux pays émergents comme cela été le cas par le passé. Les économistes tablent désormais sur une remise en cause des plans d’austérité, y compris dans les pays les plus orthodoxes en la matière, notamment avec des plans de développement d’infrastructure ou de réarmement, que nous voyons émerger dans un certain nombre de nations. Ces évolutions pourraient avoir l’effet recherché, en vain, par les banques centrales, à savoir enclencher la reprise, tant espérée, d’une inflation contrôlée. Toutefois, ces politiques plus protectionnistes et aux accents populistes pourraient aussi avoir des effets collatéraux, en déclenchant des poussées inflationnistes plus difficiles à maîtriser.

Sur les marchés, les réactions ont été immédiates et très brutales, même si elles n’étaient pas celles que les spécialistes prévoyaient. Ainsi, contrairement aux anticipations, les marchés n’ont pas sanctionné l’élection de Donald Trump, pas plus qu’ils n’avaient sanctionné le vote sur le Brexit. En effet, ils ont accueilli favorablement les politiques de relance et les baisses d’impôts annoncées au Royaume-Uni, comme aux Etats-Unis. Ils ont salué la rupture vers des politiques budgétaires plus volontaristes et plus «décomplexées», qui viendraient prendre le relais de politiques monétaires stériles. En conséquence, aux Etats-Unis, les taux d’intérêt ont fortement rebondi sur l’ensemble de la courbe des rendements. Les actions ont franchi de nouveaux records, et le dollar a renoué avec sa tendance haussière. Les valeurs refuges comme l’or ont même subi des corrections, contrairement aux attentes de tous les stratégistes. Les anticipations de relèvements des taux directeurs sont désormais généralisées.

La remontée des taux a été significative et offre à court terme des opportunités sur un certain nombre d’instruments de taux en dollar. Ce phénomène a néanmoins entraîné une forte correction des cours des obligations à duration élevée ainsi qu’un élargissement des spreads de crédit sur les obligations de qualité inférieure. Nous assistons par conséquent à un retour des risques, ce qui a particulièrement affecté les portefeuilles constitués ces dernières années, avec des papiers obligataires de qualité parfois contestable. Plusieurs articles récents ont souligné le changement de régime des obligations dans les portefeuilles (Le Temps du 28.11.2016) et insistent sur le nécessaire rééquilibrage vers des placements en actions pour éviter des corrections encore plus sévères en cas de reprise marquée des anticipations inflationnistes.
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Une telle inversion de tendance et un contexte politique mondial totalement nouveau vont renforcer l’importance d’une gestion plus dynamique des poches obligataires et de l’allocation d’actifs des portefeuilles – bien loin d’une gestion uniquement passive et élaborée par des robots, telle que d’aucuns l’envisagent. Les détenteurs de portefeuilles statiques vont ainsi redécouvrir le risque et devront recourir à une gestion plus active, dynamique et innovante de la part obligataire de leurs investissements. En effet, il y a longtemps que nous n’avons pas eu à gérer un véritable retournement à la hausse des taux, et les investisseurs privés et institutionnels ne s’y attendent certainement plus. Il sera intéressant d’évaluer à quel point le retour dans une zone de risque importante impactera les flux d’épargne car, comme on le sait, une hausse des taux entraîne une très forte correction du prix des obligations, ce qui traditionnellement paralyse l’activité dans les portefeuilles privés.

La première mesure qui s’impose dans un tel contexte est de réallouer les portefeuilles et de se réorienter en faveur de titres obligataires plus défensifs, qui ont été en disgrâce durant de nombreuses années. C’est le cas notamment des TIPS: obligations du trésor indexées sur l’inflation, et des obligations à taux variable. Ces catégories de titres permettent de mieux appréhender le retour à la normale du marché obligataire, c’est-à-dire une hausse généralisée des taux sur toutes les maturités et une courbe des rendements plus pentue. Cet ajustement des portefeuilles obligataires représente certainement l’une des principales priorités après les événements politiques récents.

Les promesses de Donald Trump ont convaincu la majorité des Américains, et le peuple britannique a souhaité sortir de l’UE. Les choix politiques qui seront issus de ces deux votes vont pousser l’ensemble des nations et des blocs économiques à reprendre en main leur avenir pour démontrer à leurs électeurs qu’ils ont un impact sur l’emploi et sur la souveraineté nationale. Ces tendances remettent en cause un ordre établi, basé sur des politiques d’austérité et un pilotage confié aux banquiers centraux. Ce retour en force du politique aura des conséquences majeures, avec notamment une désynchronisation de la croissance économique à l’échelle mondiale et une nette envolée de l’inflation. On assiste ainsi à un vrai changement de paradigme politique et cela peut, plus qu’on ne le croit, avoir une incidence notable sur la volatilité des marchés et les risques des portefeuilles. Une gestion attentive du risque et une réallocation sur des titres à forte visibilité, notamment des actions de bonne qualité, seront donc les maîtres-mots pour 2017.
 

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Michel Longhini
CEO Private Banking

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