La dette des marchés émergents apparaît aujourd’hui comme une opportunité d'investissement attractive, portée par des fondamentaux solides, des rendements compétitifs et une résilience économique accrue des pays émetteurs.
Les pays émergents, qui contribuent à près de 80% de la croissance du PIB mondial, affichent désormais des indicateurs économiques robustes. Leur ratio dette/PIB (60%) est ainsi bien inférieur à celui des Etats-Unis (123%), et leur balance courante est proche de l’équilibre, soit un net contraste avec le déficit américain. Ceci a conduit à une amélioration des notations du crédit souverain émergent, qui atteignent à présent des niveaux «investment-grade» (IG).
De plus, les banques centrales de ces pays ont démontré leur capacité à anticiper les cycles économiques, ayant relevé leurs taux dès 2021 pour enrayer l’inflation. Cette gestion proactive a permis de stabiliser les devises locales, dont la volatilité est maintenant comparable, voire inférieure, à celle des monnaies des pays du G10.
Des défauts contenus
Ces vingt dernières années, les obligations souveraines et d’entreprise des marchés émergents ont généré des performances annualisées de 6,2%, largement supérieures à celles des obligations d’entreprise américaines (+4,2%) et des bons du Trésor US (+2,7%). Qui plus est, la volatilité de la dette émergente a été similaire à celle observée sur les marchés développés, avec à la clé de meilleures performances ajustées au risque. Actuellement, la dette souveraine et la dette d’entreprise à haut rendement («high yield» ou HY) des marchés émergents présentent un rendement moyen de 7,6%, contre 6,9% pour leurs homologues américaines. Du côté du segment IG, les obligations émergentes affichent des rendements d’environ 5,5%, contre 4 à 5% pour la dette américaine et les bons du Trésor US.
Par ailleurs et contrairement aux idées reçues, la dette émergente n’apparaît pas plus risquée que celle des marchés développés.
Par ailleurs et contrairement aux idées reçues, la dette émergente n’apparaît pas plus risquée que celle des marchés développés. En effet, depuis 2002, les défauts sur les obligations souveraines HY des marchés émergents ont été en moyenne de 2,5% par an, contre 4,3% pour les obligations HY américaines. En outre, les taux de recouvrement après défaut ont été plus élevés au sein des pays émergents, témoignant d’une meilleure gestion des restructurations.
Si le dollar et les taux d’intérêt américains poursuivent leur baisse, les conditions de financement des émetteurs émergents pourraient encore s’améliorer en 2026. La dette de ces pays pourrait ainsi continuer à gagner les faveurs des investisseurs – attirés par des rendements avantageux et des fondamentaux solides. C’est notamment le cas des obligations en devises locales des économies «frontières», qui devraient se distinguer par des ratios portage/volatilité particulièrement favorables.
En 2026, les investisseurs en quête de diversification et de rendement devraient donc reconsidérer la dette émergente pour son potentiel de performances ajustées au risque supérieures à celles des marchés développés.
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