Le segment des gestionnaires de fortune indépendants (GFI) représente une partie importante de l’activité de l’Union Bancaire Privée (UBP), totalisant près de CHF 23 milliards d’actifs sous gestion à fin 2025. Rencontre avec Sérène El Masri, CEO d’UBP Monaco.
La complémentarité entre banques privées et GFI est-elle devenue une nécessité stratégique ?
Monaco en est l’exemple concret : on y dénombre près de 70 GFI, et ce segment progresse. Le GFI est un levier stratégique d’acquisition d’actifs, complémentaire à l’activité bancaire plus traditionnelle en direct. Ce modèle « capital light » permet d’augmenter les volumes d’actifs sous gestion sans accroître proportionnellement les coûts fixes. C’est aussi une réponse à l’évolution des attentes des clients UHNWI*, dont les besoins globaux se complexifient. Les offres des banques s’affinent, tout comme les choix stratégiques en matière de pays, services, et segments d’investissement. Il peut être intéressant pour le client final de composer un pool bancaire via un GFI, ce dernier alignant les besoins du client avec l’expertise des banques.
En quoi l’UBP complète-t-elle l’offre d’un GFI ?
L’UBP, au rating de AA2, apporte une sécurité bilantielle, une capacité de conservation multijuridictionnelle, et une ouverture directe aux marchés et aux financements. Nous donnons accès à des solutions complexes et à l’ingénierie patrimoniale : en particulier structuration transfrontalière, crédits, solutions de couverture et offres alternatives. Enfin, la Banque assume une part importante du dispositif réglementaire et technologique : multibooking, outils digitaux, KYC/AML renforcé, cybersécurité. Cela permet au GFI de se concentrer sur sa mission, pour plus d’efficacité.
"La Banque assume une part importante du dispositif réglementaire et technologique : multibooking, outils digitaux, KYC/AML renforcé, cybersécurité. Cela permet au GFI de se concentrer sur sa mission, pour plus d’efficacité."
Comment sélectionnez-vous un GFI partenaire ?
Au-delà de la performance, la Banque souhaite qu’il réponde aux meilleurs standards en matière de contrôle interne : séparation des fonctions, traçabilité des décisions d’investissement et conformité aux standards de la Commission de Contrôle des Activités Financières. La solidité opérationnelle est clé.
Ensuite, nous privilégions des partenaires ciblant des clients finaux en adéquation avec notre propre stratégie commerciale, notamment en termes d’origine de la fortune et de pays de résidence. Enfin, nous veillons à ce que nos partenaires aient un modèle économique pérenne, et des équipes stables. Nous analysons leur « track record » sur plusieurs cycles de marché, leur actionnariat, la croissance maîtrisée des encours : dans un environnement où les actifs sous gestion mondiaux augmentent régulièrement, la capacité à se différencier durablement est essentielle.
Cette complémentarité améliore-t-elle l’expérience et la performance pour le client final ?
Oui. Il bénéficie à la fois du conseil du GFI (allocation stratégique, gestion tactique) et de la puissance d’exécution de l’UBP. Cette dualité réduit les biais et améliore la qualité des décisions. Par ailleurs, il accède à l’univers global de l’UBP, notamment à son expertise sur les classes d’actifs les moins accessibles, comme la dette privée ou les hedge funds. Cet aspect est différenciant. Enfin, la ségrégation des rôles renforce la protection des actifs et la transparence des coûts, tout en favorisant la performance dans la durée.
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