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UBP dans la presse 23.04.2021

«La finance non verte est appelée à disparaître»

«La finance non verte est appelée à disparaître»

L'Agefi (23.04.2021) – L’Union Bancaire Privée prévoit une croissance continue de ses actifs gérés avec des critères de durabilité et réoriente ses ressources en conséquence. Entretien avec Nicolas Faller, Co-CEO de la gestion d’actifs.


L’Union Bancaire Privée (UBP), basée à Genève, compte doubler ses actifs investis dans des stratégies durables d’ici à 2022 afin d’atteindre un objectif de 10% de ses actifs totaux qui se sont affichés à plus de CHF 147 milliards à la fin 2020. Un total que la banque, fondée en 1969, est parvenue à doubler en un peu moins de dix ans, se faisant ainsi un nom sur une place financière genevoise pourtant très compétitive. Nicolas Faller, son Co-CEO dans la gestion d’actifs, explique comment la finance durable va s’imposer.

A terme, la part des produits de finance durable va-t-elle dépasser celle de la finance traditionnelle?

Oui, je pense. Avec la finance durable, nous sommes dans une troisième révolution économique, qui suit la révolution technologique de ces vingt dernières années. La finance durable va être un générateur majeur de croissance pour les vingt ans à venir; il s’agit d’investir dans tous ces secteurs qui connaîtront une croissance nettement plus forte que ceux qui négligeront cette transition verte.

La technologie ne va pas disparaître pour autant?

Non, en effet, le lien avec la technologie reste fort, ce qui amène beaucoup de Millennials à la finance durable. Et ce sera notre rôle d’orienter leur épargne vers ces secteurs d’avenir. Qu’on ne s’y trompe pas, l’économie va progressivement nous rattraper, c’est inéluctable, et la finance non-verte disparaître. Regardez les groupe pétroliers: ils savent que les ressources fossiles vont se tarir et, pour survivre, ils doivent apporter de nouvelles solutions énergétiques.

Le segment est déjà bien encombré…

Oui, et les premiers arrivés bénéficient nécessairement d’une longueur d’avance auprès de leurs clients. L’innovation restera le facteur clé de succès car des secteurs économiques, encore inconnus maintenant, vont émerger. La biodiversité par exemple faisait sourire il y a cinq ans à peine, mais maintenant, on sait qu’un recul de la biodiversité est l’une des plus grandes menaces pour nos économies et se traduit par des risques financiers qu’il faut intégrer dans notre gestion.

Comment se différencier alors?

Le vrai défi, c’est d’avoir une approche pérenne. Nous avons fait des choix radicaux dans notre approche d’investissement: pour nous, l’avenir est à l’impact investing. Nous avons orienté 100% de nos ressources dans les actions européennes et émergentes sur cette approche, convaincus que cela va apporter une vraie valeur ajoutée pour nos clients.

Comment sélectionnez-vous les entreprises pour votre approche d’impact investing?

Nous avons développé notre méthode propriétaire d’évaluation de l’impact des sociétés, qui repose sur des critères à la fois qualitatifs et quantitatifs. Pour mesurer cet impact, nous demandons aux entreprises de remplir des questionnaires élaborés par nos soins, et bien sûr nous leur rendons visite sur le terrain même si nous avons dû interrompre les déplacements en raison de la pandémie. Nous nous assurons ainsi que les entreprises tiennent leurs promesses et faisons évoluer au besoin notre 'Score Impact'.

Cela fait de vous des actionnaires activistes!

Plutôt des partenaires engagés car nous avons des contacts réguliers avec les entreprises. Mais l’impact généré est une force et elles le mettent en avant dans leur stratégie et lors des rencontres avec les analystes.

Aucune mauvaise surprise jusqu’à présent?

Non, la vraie difficulté est de trouver des entreprises avec une technique et un savoir-faire qui leur permettront de développer leur part de marché. Même si nous sommes parfois tributaires de clients qui privilégient le court terme.

Rendement et court terme ne sont plus incompatibles dans la finance durable ?

On peut désormais avoir des retours sur investissement très rapides et importants si une entreprise est leader sur son marché. Mais sur certaines thématiques de l’impact investing, cela peut prendre un peu plus de temps car nous mesurons le potentiel à long terme des entreprises en matière d’impact.

Quels sont les encours de vos deux portefeuilles en impact investing ?

Le premier, lancé il y a un peu plus de trois ans sur les actions des marchés développés, se monte à 350  millions de francs, et celui sur les marchés émergents à 150  millions. Nous avons lancé ce dernier en mai 2020 alors que la période n’était pas facile, mais c’était la bonne décision et nous ne la regrettons pas.

C’est une proportion minime pour l’UBP.

C’est vrai. Avec nos mandats dédiés, cela se rapproche du milliard de francs mais d’ici à trois ans, nous visons un total de cinq milliards.

Allez-vous accroître vos portefeuilles pour y parvenir ?

Nous nous sommes fixé des limites de taille pour le moment, compte tenu du marché. Nous prévoyons, d’ici à 2024, 1 milliard de francs sur la gestion européenne, 1 milliard sur la gestion émergente, et 3 milliards sur la gestion globale.

Dans vos prévisions de début d’année, l’UBP était plutôt optimiste pour l’or et les métaux industriels. Comment concilier cet aspect avec la finance durable?

Soyons clairs: nous devons donner à nos clients l’accès aux meilleures performances possibles. Mais en veillant à maintenir une approche durable. Avec la pandémie, nous vivons une phase de transition: de nombreuses matières premières sont indispensables à la reprise mais ce n’est pas pour autant incompatible d’investir dans ces secteurs dans la mesure où nous choisissons des sociétés qui se transforment pour devenir de véritables acteurs de la transition énergétique. Bien sûr, nous différencions les opportunités de marché plutôt tactiques et celles centrées sur la croissance à long terme.

Impact investing

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Nicolas Faller
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