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UBP dans la presse 27.01.2017

“UBP ne quittera pas Londres à cause du Brexit"

“UBP ne quittera pas Londres à cause du Brexit

Le Temps - La banque de la famille de Picciotto reste confiante concernant l’économie américaine mais craint qu’un affaiblissement de la place financière britannique ne pénalise autant l’Europe que le Royaume-Uni. Entretien avec son directeur général, en marge des résultats annuels dévoilés mardi.


L’Union Bancaire Privée (UBP) gère dorénavant 118,3 milliards de francs (+7,6% sur an). L’intégration de la banque Coutts, acquise en 2015, s’est traduite par un afflux de près de 25 milliards de francs d’actifs sur deux ans. L’opération s’est aussi traduite l’an dernier par une hausse des revenus de l’activité de 24,7% et une progression du résultat opérationnel de 26%, à 192 millions de francs. Les effectifs d’UBP ont augmenté de 15%, à 1665 employés fin 2016.

L’établissement en mains de la famille de Picciotto a dégagé l’an dernier un bénéfice net de 176,4 millions de francs. En 2015, celui-ci s’était élevé à 25,2 millions suite au paiement d’une amende de 187 millions de dollars aux Etats-Unis (l’équivalent en francs suisses). Son ratio charges/produits s’est amélioré en 2016, passant de 69,3% à 67,9% sur un an. Dans un entretien exclusif pour Le Temps, son directeur général Guy de Picciotto fait le point sur la marche des affaires dans un environnement très fluctuant.

Le Temps: Maintenant que vous avez achevé l’intégration de la banque Coutts, allez-vous procéder à d’autres acquisitions ou êtes-vous satisfait de la taille actuelle de l’UBP (118 milliards de francs)?

Guy de Picciotto: Pourquoi pas, si une opération nous permet de nous renforcer sur un marché dans lequel nous sommes moins présents. Mais je ne suis pas sûr que la consolidation va se poursuivre de manière aussi intensive à l’avenir. La hausse des taux d’intérêt et du dollar va donner une bouffée d’oxygène aux banques.

L’échange automatique d’informations fiscales est entré en vigueur le 1er janvier dernier, avec les 28 Etats membres de l’Union européenne et neuf autres pays, dont l’Australie et le Japon. Est-ce que tous vos clients sont désormais déclarés fiscalement?

Une minorité de clients n’avait pas régularisé sa situation au 1er janvier. Nous ne leur offrons plus de services de gestion et les informations les concernant seront transmises à leurs autorités fiscales respectives en 2018.

Combien coûte la préparation de l’échange automatique, pour une banque de la taille de l’UBP (1665 employés)?

Entre 8 et 9 millions, répartis entre 5 millions pour adapter l’outil informatique et 3 à 4 millions pour la formation des équipes, le recrutement de spécialistes de la fiscalité et le développement d’une offre produits adaptée à chaque juridiction.

Qu’est-ce que cela change dans le travail des banques suisses?

Le changement n’est pas fondamental, car ce passage à l’échange automatique a été préparé depuis 8 ans. Il est maintenant intégré dans la politique commerciale des banques. Nous pouvons dorénavant dialoguer plus facilement avec nos clients domiciliés dans ces pays. Si, en plus, nous avions l’accès au marché européen, nous pourrions réellement faire notre métier.

Pour une banque de gestion de fortune, quel est l’impact du nouvel environnement international, marqué par les velléités protectionnistes de l’administration Trump, la perspective du Brexit et la volonté chinoise de jouer un rôle de premier plan dans les affaires globales?

A court terme, la politique de Donald Trump peut avoir un impact sur la force du dollar, les taux d’intérêt et l’activité boursière aux Etats-Unis. Depuis sa nomination, l’effet a été positif sur ces trois éléments. A moyen terme, il reste à voir s’il appliquera vraiment une politique plus protectionniste et quelles mesures seront prises en matière d’emploi, de fiscalité ou de politique commerciale. Le retrait du traité de libre-échange transpacifique (TPP) annoncé lundi soir était attendu.

Conseillez-vous à vos clients d’investir sur les marchés américains?

Depuis novembre, nous étions surpondérés sur le marché américain. Nous allégeons un peu les positions car il est beaucoup monté récemment, mais nous restons positif.

En vue du Brexit, l’UBP se prépare-t-elle à quitter Londres, où vous employez 60 personnes?

Quitter Londres, certainement pas. Nous y sommes actuellement présents à travers une succursale de notre banque suisse. Dans la gestion de fortune, nous servons une clientèle essentiellement moyen-orientale, indienne et britannique. Nous gérons également des fonds de placement depuis Londres. La question clé est de savoir comment Londres pourra accéder aux marchés européens dans le futur. Selon le résultat des négociations sur le Brexit, il est possible que nous décidions de privilégier l’accés au marché européen au travers de succursales de notre filiale luxembourgeoise. Si les banques de la City perdent leur passeport européen, les dégâts collatéraux seront aussi importants pour le Royaume-Uni que pour l’Union européenne.

Pourquoi?

Si Londres ne préserve pas son pôle financier et perd son accès privilégié au marché européen, je doute qu’il se déplace à Paris ou à Francfort. Il est probable qu’il quitterait l’Europe.

Mais plusieurs banques dont HSBC ont déjà annoncé leur intention de déplacer des employés de Londres vers le continent.

Ce ne sont que des projets, attendons de voir s’ils sont réellement appliqués. Et attendons de voir le résultat de l’élection présidentielle française. Quelle que soit l’orientation prise par le Brexit, il faudra se tenir prêt à réagir dans les 6 mois.

Enfin, une banque chinoise devrait prochainement s’installer à Genève. Est-ce une bonne nouvelle pour la place financière?

Absolument. Après Zurich, il est normal qu’un établissement chinois soit présent à Genève, qui est un pôle mondial pour le commerce des matières premières. En espérant que ce pôle restera à Genève après la votation du 12 février sur la 3e réforme de l’imposition des entreprises, RIE III…

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