1. Newsroom
  2. Administration Trump: quelles implications pour les actions asiatiques ?
Menu
Expertise 22.02.2017

Administration Trump: quelles implications pour les actions asiatiques ?

Administration Trump: quelles implications pour les actions asiatiques ?

Depuis l’élection américaine, les marchés s’interrogent sur les promesses de campagne que Donald Trump va effectivement appliquer en tant que Président. Avant même son discours d’investiture («l’Amérique d’abord»), le tempétueux Président avait déjà changé d’avis sur les politiques étrangère et intérieure, mais maintenu le cap sur la production manufacturière et les échanges commerciaux.


Ses tweets les plus virulents étaient adressés aux industriels possédant des chaînes de production à l'étranger, et plus particulièrement aux constructeurs automobiles prévoyant de délocaliser au Mexique. Ce déversement d’agressivité sur les réseaux sociaux a suscité bien des questions sur son impact à court ou long terme ainsi que sur la manière dont les grands partenaires commerciaux, l’Asie en tête, allaient réagir.

La première semaine, les inquiétudes ont été mises en sourdine. L’indice MSCI Asian Ex-Japan a bondi de plus de 2% durant les 5 premiers jours de la nouvelle administration, regagnant même tout le terrain perdu dans le sillage des élections américaines. Bien que les 100 premiers jours du mandat présidentiel soient historiquement les plus déterminants pour les analystes et les experts en politique, les premiers décrets signés par le Président reflètent d’ores et déjà clairement ses priorités. Le retrait des Etats-Unis du Partenariat transpacifique (TPP) s’est révélé une formalité dans la mesure où le Congrès n’allait certainement pas ratifier l’accord pendant les derniers mois de la présidence Obama. En outre, Donald Trump n’avait pas caché son opposition au TPP pendant sa campagne, de sorte que ce retrait a non seulement été bien médiatisé mais également complètement intégré dans les prix du marché.

Cette décision n’indique pas que Donald Trump est opposé au libre-échange, mais reflète des angoisses d’ordre politique. La situation est tristement ironique dans la mesure où le traité qu’il était si désireux de refuser aurait en fait résolu quelques-uns des problèmes auxquels il avait promis de remédier durant sa campagne, notamment l’expansion du marché des produits américains et le soutien de normes commerciales internationales. L’administration Trump a désormais bien du mal à promouvoir ses propositions multiples, lesquelles ne stimulent guère les exportations, et ont plutôt tendance à pénaliser les consommateurs américains en réduisant les revenus réels sous l’effet des pertes d’efficacité induites. Le projet d'ajustement des taxes aux frontières vise à réduire le déficit commercial, soit en imposant des droits de douane aux pays considérés comme des manipulateurs de devises, soit en supprimant des franchises d’importation pour subventionner les exportations. Les défenseurs de cette proposition estiment que ces mesures vont abaisser le déficit commercial américain et améliorer la compétitivité des exportations, tandis que le raffermissement du dollar compensera les droits de douane sur les importations étrangères.

A court terme, les exportateurs asiatiques pourraient doublement profiter de cette configuration au détriment des producteurs américains. D’une part, la plupart des contrats commerciaux sont négociés en dollar, ce qui annule la perspective d’économies de change dues à la hausse du billet vert. Pour les exportateurs asiatiques qui traitent en monnaie locale (non USD), l’appréciation du dollar se traduit par de meilleures ventes. Le risque pour les exportateurs étrangers serait une baisse significative des volumes. Même si cela réduirait le déficit commercial des Etats-Unis, le ralentissement de la croissance des importations serait le signe d’un affaiblissement de l’économie, ce que Donald Trump cherche à éviter. Si les volumes restent inchangés, les droits de douane sont absorbés par les producteurs ou répercutés sur le consommateur final.

D’autre part, il n’existe pas encore de solutions de substitution aux importations américaines permettant de remédier au problème des volumes. D’après le Bureau américain de la statistique, l’Asie représente environ 50% du déficit commercial américain. Si l’on considère les estimations de l’OCDE selon lesquelles les exportations américaines contiennent en moyenne 20% de contenu étranger, les fabricants américains devraient développer leurs gammes de produits de manière à combler les 10% de perte de valeur. Alors que les subventions et les avantages fiscaux compensent les coûts financiers, la plupart des industries ne disposent pas des matières premières en quantité et en diversité suffisantes pour atteindre l’objectif de croissance immédiate de la nouvelle administration.

Le retrait américain du TPP pourrait également fournir un catalyseur à court terme pour la grande majorité de l’Asie. Alors que les pays signataires du TPP n’étaient à l’origine que cinq (Japon, Singapour, Brunei, Malaisie et Vietnam), plusieurs autres se sont engagés à participer (Corée du Sud, Taïwan, Thaïlande, Indonésie et les Philippines). Toutefois, nombre d’entre eux ont affiché leur réticence compte tenu du fait que le traité introduirait une concurrence entre les PME nationales et les entreprises étrangères. Dans la mesure où les Etats-Unis, voire la Chine, pourraient y adhérer ultérieurement, ce délai offre l’opportunité d’améliorer l’efficacité de la production à grands renforts de dépenses d’investissement et d’infrastructure. Même si la Chine décide d’emboîter le pas avec son propre traité commercial, le Partenariat économique régional global (RECEP), cela réduirait indirectement le rôle des entreprises publiques dans l’amélioration du rendement, qui était l’un des objectifs du TPP.

La plupart des hypothèses ci-dessus se fondent sur un scénario exempt de guerre commerciale. Les droits de douane et les taxes à l’importation enfreignent non seulement les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), mais encouragent également des mesures de représailles immédiates débouchant sur l’incertitude, laquelle reporte les décisions en matière d’investissement privé. A la différence des autres partenaires commerciaux, l’Asie pourrait être en meilleure position pour contrer l’hostilité commerciale de Donald Trump, et même s’inspirer directement de l’Art de la négociation rédigé par le magnat de l’immobilier. Les Etats-Unis et la Chine détiennent chacun des monnaies d’échange pour mieux peser sur les négociations qui sont susceptibles de neutraliser les risques. Au cours de la campagne électorale, la remise en cause de la «One China Policy» (politique de la Chine unie) ainsi que le projet d’étiqueter la Chine «pays manipulateur de devise» sont devenus hors de propos dès la première semaine d’investiture, alors que la décision du retrait du TPP joue en faveur de Pékin. Ce n’est pas un hasard si la Chine est également le plus grand acheteur de produits agricoles américains, un secteur qui emploie autant de main-d’œuvre que l’industrie automobile. La simple reconnaissance des menaces de l’autre pourrait suffire à prévenir tout conflit.

Les marchés semblent avoir intégré un «pari de la reflation» aux Etats-Unis qui inclut des réformes fiscales et des dépenses dans les infrastructures. Toutefois, les récents décrets controversés pourraient faire échouer certaines promesses électorales de la nouvelle administration. L’autre risque concerne le capital politique qui restera à Trump après ses cent premiers jours. Entre une cote de confiance en baisse et les divisions au sein du Parti républicain, l’obstruction parlementaire semble hautement probable. Toutefois, si des compromis politiques apaisés pouvaient être trouvés, l’optimisme des investisseurs et leur appétit pour le risque pourraient augmenter. Mais les marchés devraient aussi se méfier des avalanches de tweets et d’attaques, et se demander dans quelle mesure les paroles se transforment en actes pour juger du niveau de crédibilité de ces menaces. Dans ce contexte, il est vraiment heureux que l’Asie ait encore suffisamment d’atouts dans sa manche.


ChristopherChu.jpg

Christopher Chu
Assistant Fund Manager - Asia

 

Small and mid caps

A fertile hunting ground for active managers

Learn more about our expertise on small and mid caps

Watch the video

Actualités les plus lues

Sponsoring 19.10.2016

Exceptional concert by the orchestra Camerata Venia

Through its partnership with the orchestra Camerata Venia, UBP had the privilege and honour of interviewing the talented bass soloist Jérémie Brocard at the dress rehearsal of “American Stories”, which was performed on 17 October evening in Geneva.

Sponsoring 23.09.2016

Paul Krugman reçoit le Prix International Edgar de Picciotto

Cette année, le Prix International Edgar de Picciotto a été remis à Paul Krugman, Distinguished Professor of Economics à la City University of New York et Prix Nobel d'économie 2008.

Sponsoring 12.09.2016

Dancing the Cuban dream

Geneva film-maker Eileen Hofer’s movie Horizontes about ballet in Havana must be one of the most poetic documentaries ever made. Through bewitching images, it follows the lives of three ballerinas at different stages of their careers, telling their story in moving detail. One of those dancers is Alicia Alonso, the now 95 year-old who defied her advancing blindness to become one of the greatest ballerinas in the world. Horizontes could not have been completed without the support of Union Bancaire Privée (UBP).

A lire également

Sponsoring 19.10.2016

Exceptional concert by the orchestra Camerata Venia

Through its partnership with the orchestra Camerata Venia, UBP had the privilege and honour of interviewing the talented bass soloist Jérémie Brocard at the dress rehearsal of “American Stories”, which was performed on 17 October evening in Geneva.

Sponsoring 23.09.2016

Paul Krugman reçoit le Prix International Edgar de Picciotto

Cette année, le Prix International Edgar de Picciotto a été remis à Paul Krugman, Distinguished Professor of Economics à la City University of New York et Prix Nobel d'économie 2008.

Sponsoring 12.09.2016

Dancing the Cuban dream

Geneva film-maker Eileen Hofer’s movie Horizontes about ballet in Havana must be one of the most poetic documentaries ever made. Through bewitching images, it follows the lives of three ballerinas at different stages of their careers, telling their story in moving detail. One of those dancers is Alicia Alonso, the now 95 year-old who defied her advancing blindness to become one of the greatest ballerinas in the world. Horizontes could not have been completed without the support of Union Bancaire Privée (UBP).