1. Newsroom
  2. Méritocratie et réglementation européenne
Menu
UBP dans la presse 01.05.2018

Méritocratie et réglementation européenne

Méritocratie et réglementation européenne

La tradition suisse de la méritocratie remise en question par la réglementation européenne ?


Les entreprises suisses ont aujourd’hui un rayonnement international et il paraît donc logique que leurs dirigeants soient choisis par méritocratie, et non selon leur identité nationale. Il semble normal également que les sociétés helvétiques – et les investisseurs qui les soutiennent – recherchent les meilleurs talents pour les diriger.

Dans le Top 20 des entreprises helvétiques, moins de la moitié des CEO sont de nationalité suisse. De même, les membres des conseils d’administration tendent à avoir un profil plutôt international, avec notamment des spécialistes de différents domaines et pays, afin de soutenir l’orientation stratégique de la société. Cet atout a largement contribué au leadership mondial de nombre d’entreprises dans leurs secteurs d’activité. Ce leadership explique aussi en partie la performance remarquable de l’indice SPI (Swiss Performance Index) par rapport au MSCI World ces trente dernières années. Cela provient notamment de la capacité et de la volonté des sociétés helvétiques à améliorer leur CFROI (rendement interne du capital investi) et à le maintenir à un niveau supérieur à celui de beaucoup de leurs pairs à l’international.

Au vu de l’expérience passée, les investisseurs peuvent être assurés que les prises de décision ont toujours été guidées par la méritocratie et les besoins des entreprises. Jusque-là, la composition des conseils d’administration et des comités exécutifs n’a guère été entravée par la réglementation. Des avancées sont ainsi encore envisageables en termes de parité hommes-femmes, et des candidats à haut potentiel sont disponibles pour servir les intérêts des entreprises suisses.

A la suite de l’initiative Minder, les investisseurs institutionnels et les sociétés suisses semblent avoir adopté une meilleure gouvernance. Les assemblées générales font l’objet d’une plus grande attention que par le passé. Malgré l’importance accordée à la rémunération, aucun signe ne laisse penser que les profils de niveau supérieur aient dû être négligés. De même, les mesures politiques n’ont pas dissuadé les talents étrangers de rejoindre les équipes de direction en Suisse.

Les discussions sur la rémunération ne devraient pas se faire au détriment des échanges sur la stratégie de la société, et sur la composition de son conseil d’administration et de son comité exécutif. Le fait qu’il y ait davantage d’opportunités de discussion devrait encourager de plus en plus la promotion de la méritocratie au sein des sociétés.

L’initiative Minder est donc à saluer, et montre la voie à l’international dans la gouvernance d’entreprise. C’est une étape très utile pour inciter les actionnaires à assurer avec sérieux leurs responsabilités, notamment s’agissant de leur influence sur les nominations au conseil d’administration. Les cas de hauts dirigeants avec des rémunérations excessives semblent désormais appartenir au passé.

Les investisseurs et les sociétés devraient demeurer engagés en faveur de la méritocratie et ne pas céder à des approches parfois inefficientes, ou aux propositions politiques ou économiques offertes par les services de vote par procuration. Il est primordial de rester en contact direct avec les sociétés, afin de comprendre leurs motivations pour la composition de leur conseil d’administration et de leur comité exécutif. C’est un fait peu connu, mais les services de vote par procuration ne sont pas contraints de contacter les entreprises pour émettre leurs recommandations de vote.

De plus, la pertinence de ces recommandations peut être remise en cause dans certains cas, celles-ci pouvant être émises ou non à la suite de prestations de conseil dispensées par ces mêmes agences. Or, se contenter d’accepter les recommandations d’une agence pourrait être extrêmement préjudiciable à la tradition de la méritocratie dans la composition du conseil d’administration. A cet égard, il ne devrait pas y avoir de règles quantitatives (nombre d’années de service, par exemple); seules les personnes les plus aptes à répondre aux besoins de l’entreprise devraient siéger au conseil.

Cette tradition suisse de la méritocratie risque toutefois d’être remise en question par la nouvelle réglementation européenne MiFID II. Rationalisation oblige, il est fort probable qu’elle conduise à un moindre contrôle des sociétés cotées de petite taille, et donc à une moindre volonté de la part des investisseurs et des entreprises de préserver les niveaux élevés de méritocratie bâtis ces trente dernières années.

Actions des marchés suisses et globales

TAYLOR JOLIDON Eleanor.jpg

Eleanor Taylor Jolidon
Co-Head Swiss & Global Equity

Newsletter

Sign up to receive UBP’s latest news & investment insights directly in your inbox

Click and enter your email address to subscribe

Investissement responsable

Quand l’investissement responsable crée de la valeur

Plus d'infromation sur l'investissement responsable UBP

Regarder la vidéo

Actualités les plus lues

Expertise 02.05.2018

How emerging markets are dealing with higher US Treasury yields

The recent rise, through 3%, and to the highest level since 2013, has triggered a bit of a sell-off in emerging market assets. We’re thinking that US Treasury yields from here stabilise or they rise only gradually, and this’ll allow emerging market asset prices to go up again.

Expertise 27.04.2018

Is global growth peaking?

Confidence has returned to the markets and the beginning of the earnings season looks great, with several positive surprises. The IMF has presented its outlooks for 2018 and 2019 and they seem very upbeat: world growth is expected to come in at 3.9%.

Expertise 25.04.2018

Spotlight - Energy sector: outperformance lies ahead

Having ended 2017 as one of the worst performing global sectors, sustained outperformance lies ahead for energy stocks in 2018. The underlying crude oil market is now undersupplied while inventory levels have fallen sharply. These supply-demand and inventory dynamics have historically translated into improving corporate profitability over the coming 12-24 months.

A lire également

Expertise 02.05.2018

How emerging markets are dealing with higher US Treasury yields

The recent rise, through 3%, and to the highest level since 2013, has triggered a bit of a sell-off in emerging market assets. We’re thinking that US Treasury yields from here stabilise or they rise only gradually, and this’ll allow emerging market asset prices to go up again.

Expertise 27.04.2018

Is global growth peaking?

Confidence has returned to the markets and the beginning of the earnings season looks great, with several positive surprises. The IMF has presented its outlooks for 2018 and 2019 and they seem very upbeat: world growth is expected to come in at 3.9%.

Expertise 25.04.2018

Spotlight - Energy sector: outperformance lies ahead

Having ended 2017 as one of the worst performing global sectors, sustained outperformance lies ahead for energy stocks in 2018. The underlying crude oil market is now undersupplied while inventory levels have fallen sharply. These supply-demand and inventory dynamics have historically translated into improving corporate profitability over the coming 12-24 months.