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UBP dans la presse 28.04.2017

Maîtriser les écueils de la présidence Trump

Maîtriser les écueils de la présidence Trump

CPI Financial - Le premier choc de l'élection de Donald Trump à la présidence américaine étant passé, l'heure est venue de s’intéresser de plus près à l’agenda politique de son administration et à son influence potentielle sur les marchés internationaux.


La santé de l’économie américaine a des conséquences importantes sur le reste du monde et le nouveau président s'efforce clairement de bâtir son action sur les grands thèmes de sa campagne, «Making America Great Again» et «America First». Concrètement, que peuvent signifier ces promesses et comment les investisseurs devraient-ils se positionner pour les mois et les années à venir?

Après une élection qui a fortement divisé les Américains, il ne servirait à rien de revenir sur les arguments responsables du profond clivage de l'électorat durant la campagne. Il est grand temps de traiter avec un président qui impose une nouvelle manière de communiquer (notamment sur les réseaux sociaux) et se montre résolu à joindre rapidement le geste à la parole avec force décrets. Son approche qui tranche avec les méthodes beaucoup plus consensuelles de l'administration Obama annonce un changement radical de l'ensemble du processus politique. Cette volonté de rupture aura également des conséquences économiques, d’où l’importance pour les investisseurs de prendre les mesures qui leur permettront de s'adapter au rythme rapide des changements à l’œuvre.

Le président Trump a défini un programme audacieux pour mener à bien une grande réforme fiscale et détricoter la loi sur la santé de son prédécesseur («Obamacare»). Ce faisant, il cherche à souder sa base républicaine divisée en vue des élections législatives de 2018, essentielles pour lui permettre d’asseoir sa légitimité politique. S’il tient ses promesses, la dynamique actuelle de la croissance mondiale connaîtra probablement un coup d’accélérateur sur lequel les investisseurs devraient se concentrer à court terme. Pour capturer cette croissance, les actions tiennent clairement la corde face aux obligations qui ne rémunèrent pas suffisamment les investisseurs par rapport au taux d'intérêt ou au risque de crédit. Il est également possible d'investir dans l’or avec profit et d’adopter des stratégies de primes de risque comme un moyen efficace de se protéger contre les incertitudes politiques à moyen terme.

Une approche «start-stop» du gouvernement?

Le nouveau président veut aller vite et met souvent un point d'honneur à rappeler les promesses phares de sa campagne. Cette phase «start» de son administration montre un président qui prend ses dispositions pour abroger l'Obamacare, esquisse les grandes lignes de ses réformes fiscales et ouvre le débat sur les changements prévus dans le commerce et l'immigration. Trump veut axer son mandat sur le slogan «America First» et élargir ses soutiens en vue des élections législatives de 2018.

Ces débuts en fanfare pourraient bien ne pas aller très loin pour la nouvelle administration. Alors que Donald Trump, désormais confronté à la réalité, connaît quelques difficultés pour traduire ses paroles en actes dans les domaines du protectionnisme commercial et de l'immigration, il n’est pas exclu que la présidence entre dans une phase «stop». Bien que des risques puissent en découler à moyen terme pour les investisseurs, cette pause aura lieu dans un contexte de raffermissement de la conjoncture mondiale et une phase «start» réussie accroît les perspectives de bonnes surprises bénéficiaires du côté des actions.

Ce qui fait courir Trump

Une fois installé à la Maison Blanche, on aurait pu s’attendre à ce que Donald Trump «mette de l’eau dans son vin». Selon certains commentateurs politiques et analystes financiers aguerris, les propositions controversées de sa campagne ne tarderaient pas à se diluer dans un programme plus modéré du Bureau ovale. Toutefois, cette analyse ne cadre pas avec le véritable contexte de l’élection de Trump qui n’a pas remporté la majorité du vote populaire, ce qui l’oblige à satisfaire ses soutiens en tenant ses promesses de campagne. Il veut également jeter les bases de la victoire républicaine aux élections de 2018.

Il est donc peu probable qu'il s'écarte beaucoup des projets qui ont tant divisé durant sa campagne, d’autant que le nouveau locataire de la Maison Blanche donne véritablement l’impression qu’il ne «plaisante pas». Sur le plan politique, comment cela pourrait-il se traduire au cours des mois à venir? Comme on a pu le constater lors des deux premières semaines de la nouvelle administration, le président suit sa feuille de route à la lettre et semble parfaitement disposé à se passer de l'approbation du Congrès en multipliant les décrets. Il a annoncé un gel des nouvelles réglementations ainsi qu'une série de mesures visant à affaiblir les réformes financières introduites depuis la crise de 2008 et qui avaient notamment pour but de renforcer le système bancaire.

Dans le feu de l’action, le nouveau président a également signé le retrait officiel du Partenariat transpacifique ainsi qu’un décret ordonnant la construction d'un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Il a par ailleurs demandé aux diverses agences fédérales d’accorder le plus d’exemptions et de reports possibles à l’Obamacare, «dans les limites autorisées par la loi». D’autres mesures ont rapidement suivi avec un décret interdisant l'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de sept «pays à risque» pour une période de 90 jours et bloquant le processus d’admission des réfugiés du monde entier pendant quatre mois. Bien que les tribunaux aient attaqué cette initiative anti-immigration, les intentions du président dans ce domaine semblent très claires.

Mesures de relance pour l'économie américaine

De leur côté, les marchés américains ont surtout été mis en ébullition par les promesses réitérées du nouveau président en faveur de l'économie américaine. Si certains de ses propos sur le libre-échange, le protectionnisme et le programme de développement des infrastructures ne sont encore que de simples déclarations d'intention, il peut engager des actions rapides pour mener à bien la réforme fiscale (avec des réductions d’impôts pour les particuliers et les entreprises) et l’abrogation de l’Obamacare. 

La question du commerce, et dans une moindre mesure celle de l'immigration, font certes beaucoup de bruit. Mais pour ce qui est des mesures concrètes, l'accent est clairement mis sur la réforme fiscale et la fin de l'Obamacare afin de poser les fondations de la campagne républicaine de 2018 pour le Congrès américain.

Implications et perspectives pour la croissance américaine

L’économie américaine montre déjà des signes d’accélération, comme l’indique le rebond vigoureux du climat des affaires et de la confiance des consommateurs. Malgré la croissance décevante de 1,9% du PIB au quatrième trimestre suite à une contribution négative des exportations nettes, la demande domestique a tout de même progressé de 2,5% grâce à une consommation soutenue, au dynamisme du marché de l’immobilier et à la relance des dépenses d’investissement. Tous ces éléments plaident en faveur d’une révision à la hausse des perspectives de croissance si les principaux indicateurs économiques continuent à s'améliorer.

Cet optimisme général doit toutefois être tempéré par une certaine prudence. Alors que les capacités excédentaires de l’économie US sont progressivement absorbées, il existe un risque de hausse de l'inflation et des salaires induit par une pénurie croissance de main-d'œuvre disponible dans l’emploi qualifié et non qualifié.

Trump peut-il vraiment atteindre son objectif de croissance de 4%?

Après les années de déception qui ont suivi la crise financière mondiale, dans quelle mesure l'objectif de croissance de 4% du PIB américain est-il réaliste? Le nouveau président s'est engagé à stimuler la croissance américaine dans l’esprit de Ronald Reagan avec des réformes de l’offre reposant sur des baisses d’impôts et un assouplissement des réglementations. Une économie déjà en pleine relance devrait bénéficier encore davantage des allègements fiscaux pour les particuliers. Ces mesures devraient doper le revenu disponible des consommateurs et leur propension à dépenser tandis que les réductions d'impôts pour les entreprises donneront un coup de pouce à leurs bénéfices et investissements futurs.

Le processus de dérégulation pour les banques, l’énergie et le secteur de la santé devrait encore accélérer le moteur de la croissance américaine. Les efforts déployés pour «libérer ces marchés» pourraient bien être un atout de plus pour les bénéfices et les dépenses des entreprises.

Selon certains analystes, il n’est pas exclu que les niveaux d’imposition des entreprises américaines passent sous la moyenne de l’OCDE et que les assouplissements réglementaires contribuent à rétablir la compétitivité du secteur manufacturier US. Etant donné que celui-ci représente 11,5% du PIB, toute amélioration aura pour effet immédiat de gonfler les perspectives de croissance américaines.

Là encore, il est nécessaire de rappeler les conséquences d'une croissance qui deviendrait insoutenable. Le risque de surchauffe de l’économie américaine est en effet réel et l'objectif d'inflation de 2% de la Réserve fédérale pourrait être mis sous pression. On s’attend déjà à ce que la Fed fouille dans sa boîte à outils monétaires pour en sortir au minimum les deux hausses de taux d'intérêt attendues. Si elle créait la surprise avec des tours de vis supplémentaires, cela pourrait mettre des bâtons dans les roues de la relance américaine. De plus, une nouvelle appréciation du dollar face aux devises des principaux partenaires commerciaux risquerait de plomber sérieusement les bénéfices des entreprises US.

L’avenir du libre-échange

La rhétorique très protectionniste de la campagne électorale a suscité de fortes inquiétudes sur la capacité de l’économie mondiale à prendre les mesures nécessaires pour ouvrir davantage les marchés et augmenter le volume des échanges transfrontaliers. Le président Trump affirme vouloir mener des réformes commerciales au pas de course afin de remédier à une situation totalement déséquilibrée, selon lui, entre les Etats-Unis et des partenaires clés tels que la Chine et le Mexique.

Toute évocation de droits de douane ou de nouvelles «taxes aux frontières» pourrait distordre les coûts et le pouvoir de fixation des prix pour les entreprises américaines et internationales opérant aux Etats-Unis. L'ampleur de ces distorsions est variable selon les secteurs et modèles d'activité mais les conséquences pourraient être significatives et peser sur les bénéfices tout en favorisant une poussée de l'inflation.

Le débat sur les échanges commerciaux est étroitement lié aux craintes exprimées par Trump sur les niveaux d'immigration. Son approche populiste séduit certainement ses partisans mais soulève des questions sur la pérennité de la croissance économique américaine compte tenu de du vieillissement de la population «native» et de sa capacité à satisfaire le marché de l’emploi.

Et la croissance mondiale dans tout cela?

Les investisseurs devraient toujours se préparer à faire face aux incertitudes mais aussi à exploiter les opportunités qui se présentent. Les bouleversements politiques actuels, que ce soit aux Etats-Unis ou ailleurs, pourraient créer de l’instabilité sur les marchés mondiaux en cours d’année. Il n'en demeure pas moins que la reprise de la croissance est bien réelle et s'étend aux principales économies de la planète. Dans ce contexte positif, les investisseurs devraient s'efforcer d'y participer tout en veillant à gérer les risques potentiels des réformes politiques radicales initiées par le président Trump.

Bien que les actions mondiales soient loin d'être bon marché, elles soutiennent avantageusement la comparaison avec les obligations (d'Etat et d'entreprise) dont les perspectives de rendement ne reflètent pas totalement les risques de crédit et la volatilité des taux d’intérêt liés à ce type de placement. S’il est possible d’augmenter l’exposition aux obligations à haut rendement et à la dette des marchés émergents, la vigilance est de mise compte tenu des perspectives de rendement-risque très volatiles à l’heure actuelle. La stratégie consistant à étoffer la position en actions au détriment des obligations peut permettre d’espérer un meilleur rendement.

En raison de son économie tirée par les exportations, le marché japonais est également très bien placé pour bénéficier de la réforme des entreprises et de la relance mondiale. En conséquence, les prévisions bénéficiaires pointent à la hausse et le secteur des entreprises japonaises montre enfin des signes d’amélioration.

En Europe, le débat se focalise souvent sur l'instabilité politique actuelle et les inquiétudes concernant le Brexit et la devise unique. Toutefois, il se peut que ces problèmes soient exagérés et l’Europe pourrait également bénéficier de l’embellie de la conjoncture au niveau international. Si l’on ajoute la possibilité d'une sélection d'actions prometteuses sur le marché US en 2017, il est clair que des opportunités existent pour les investisseurs prêts à surfer sur la vague de la croissance mondiale. Cela dit, les mesures visant à atténuer les risques restent importantes. A cet égard, l’or pourrait bien mériter son statut de valeur refuge en cas de surprises sur le plan politique et il vaut également la peine de diversifier le portefeuille par le biais de stratégies de primes de risque appropriées.

Si le président Trump a insufflé une nouvelle énergie à la scène politique américaine, les marchés mondiaux sont également animés d’une énergie propre et offrent de réelles opportunités aux investisseurs avertis.


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Norman Villamin
CIO Private Banking

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