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Expertise 25.09.2017

Catastrophes naturelles : quand l’investisseur assume le risque des assureurs

Catastrophes naturelles : quand l’investisseur assume le risque des assureurs

Le Temps (25.09.2017) - Les Insurance-Linked Securities (ILS) permettent aux compagnies d’assurance et de réassurance de se protéger en transférant leurs risques sur les marchés financiers. Ces instruments de diversification séduisent par leur couple rendement/risque.


La dévastation semée par les ouragans Harvey et Irma a remis les Insurance-Linked Securities (ILS), dont font partie les Cat Bonds (« obligations catastrophe »), sous le feu des projecteurs. Ces catastrophes météorologiques majeures ont déclenché une sévère correction sur ce marché. L’ampleur totale du mouvement est encore à connaître mais il pourrait, in fine, constituer un point d’entrée pour les investisseurs. De fait, dans un contexte caractérisé par une quête de diversification maximale en termes de performance et de risque, cette catégorie d’actifs a vu affluer des capitaux sans cesse croissants ces dernières années et conserve aujourd’hui son potentiel d’attractivité.

Les ILS sont des contrats d’assurance permettant aux sociétés, aux compagnies d’assurance et de réassurance de se protéger contre des événements naturels ayant une forte sévérité, mais une probabilité de survenance faible, tels que les ouragans, les tremblements de terre et les tornades. Cette protection est rendue possible par le transfert des risques sur les marchés financiers. Les investisseurs qui les endossent sont rémunérés au travers de coupons payés, en général, sur base trimestrielle.

Les ILS recouvrent deux types de produits. Les premiers, les Cat Bonds, sont des titres cotés d’une duration de 3 à 5 ans. Les seconds sont des contrats de réassurance privés, dont la duration est souvent d’une année. Au sein d’un portefeuille ILS, chaque instrument apporte sa valeur ajoutée : l’existence d’un marché secondaire pour les Cat Bonds est gage d’une liquidité supérieure à celle des contrats privés, qui constituent pour leur part une source de diversification supplémentaire en raison de la variété des risques couverts.

Parce qu’il offre une protection contre une catastrophe naturelle prédéfinie, l’instrument ILS peut perdre une partie ou la totalité de sa valeur en cas d’événement extrême. Cette perte correspond au mécanisme de paiement envers l’assuré : on dit alors que le Cat Bond, ou contrat de réassurance privé, est « déclenché ». Ce « déclenchement » répond à diverses conditions préétablies telles que le montant des pertes subies et/ou des données paramétriques physiques comme la vitesse du vent dans le cas d’un ouragan majeur.

Comme l’actualité climatique le démontre, il est capital d’investir dans un portefeuille ILS très diversifié, que ce soit par le nombre de positions détenues, la nature du péril couvert, les régions exposées et le mode de déclenchement. Gardons toutefois à l’esprit que depuis leur apparition dans les années 1990, le taux de défaut des Cat Bonds demeure inférieur à 1%. 

L’univers des ILS a pour principal attrait de répondre à ses propres dynamiques. Cette décorrélation presque totale des autres actifs d’un portefeuille, couplée à des rendements plus attractifs que ceux des obligations traditionnelles ainsi qu’à une faible volatilité, est plébiscitée par toujours plus d’investisseurs.

Depuis 2002, l’indice Swiss Re Cat Bond Total Return affiche un rendement annualisé de 7,9 % pour une volatilité annualisée d’un peu moins de 3 %, soit un couple rendement/risque défiant toute concurrence. Sur la même période, les quatre « drawdowns » les plus importants, liés aux ouragans Katrina en 2005, Ike en 2008, Sandy en 2012 et au tremblement de terre de Tohoku (à l’origine du tsunami japonais de 2011), ont finalement exercé un impact contenu sur l’ensemble de l’industrie compris entre -3% et -5%.

Comme pour toute classe d’actif, la génération d’alpha passe par une sélection rigoureuse du gérant. Dans le cas des ILS, l’expertise technique et la masse des actifs gérés sont deux facteurs critiques. Le premier critère de qualité n’englobe pas seulement un savoir-faire en matière de sourcing et de sélection ; il tient surtout aux capacités de modélisation des risques assurantiels et aux outils dont dispose l’équipe. Quant au second critère, la supériorité d’une gestion active sur un benchmark passif, souvent plus risqué et volatil, ressortira d’autant mieux que la masse d’encours est de taille moyenne.

Les investisseurs en ILS leur consacrent en moyenne 3 à 4% de leur portefeuille global, en complément d’une poche obligataire traditionnelle. Si le rendement et la diversification sont les motivations les plus souvent citées, un troisième bénéfice gagnerait à être mis en lumière : celui de l’impact social. En effet, au-delà de l’attrait financier pour l’investisseur final, les ILS ont le mérite de participer pleinement à la reconstruction post-catastrophe, contribuant ainsi à la viabilité du système de réassurance actuel.

Source des données : Bloomberg Finance L.P. Données au 31.08.2017.

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Olivier Marion
Senior Investment Specialist, Alternatives

 

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