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UBP dans la presse 02.11.2016

L'impact chinois sur les actions émergentes

L'impact chinois sur les actions émergentes

Le Temps - Jusqu’à présent, la plupart des investisseurs internationaux orientés sur la Chine avaient uniquement une allocation sur les actions cotées à Hong Kong, celles-là mêmes qui étaient incluses dans les indices internationaux. Cette situation est en train de changer.


Les barrières opérationnelles et réglementaires tombent une à une et les investisseurs augmentent leur exposition aux actions dites domestiques, à savoir celles cotées à Shanghai et Shenzhen. La reconnaissance de cet état de fait amène peu à peu les fournisseurs d’indices à prendre en compte la totalité du marché chinois. MSCI a calculé des indices pro-forma, et le poids de la Chine passerait à près de 40% dans un fonds d’actions émergentes et à 55% dans un fonds Asie  si les marchés domestiques étaient pris en compte dans leur totalité.

Le besoin de diversification

Dans le cas de l’indice émergent, le manque de diversification qui en découlerait pourrait conduire les investisseurs à se demander si leur indice de référence est toujours un indice global. La concentration du risque pays qui en résulterait serait source de risques pour les investisseurs. Le risque pays est un déterminant majeur du risque dans un portefeuille émergent global, et la domination d’un seul pays, aussi important soit-il, entraîne mécaniquement une moins grande diversification de ce risque.

Ce phénomène n’est pas entièrement nouveau pour les investisseurs dans la classe d’actifs. Dès sa création, en 1988, le MSCI Actions Emergentes était dominé par la Malaisie (30% de l’indice). Plus tard, le poids du Mexique a atteint 29%, en 1992, et celui de la Corée du Sud 22%, en 2002. Ces variations sont la conséquence des nombreux pays qui ont effectué des allées et venues dans l’univers émergent au fil des années. Elles résultent aussi de la forte amplitude des cycles économiques dans ces pays. Un investisseur qui suit l’indice pour son allocation géographique prend le risque de voir son portefeuille manquer de la diversification géographique nécessaire au moment où le cycle s’inverse. Et de fait, ceci se vérifie dans les exemples ci-dessus. La performance de l’indice malaisien a été très en deçà de celles des autres marchés de 1988 à 1992. Le Mexique fut frappé par la «Crise de la Tequila» à la fin de 1994. La Corée du Sud, quant à elle, a subi l’impact d’une crise financière domestique et perdu 40% après son plus haut, commençant ainsi une longue période de sous-performance.

Trop grande, la Chine ?

Le cas de la Chine est plus complexe. Il serait vain de vouloir anticiper une quelconque crise, que beaucoup annoncent depuis de nombreuses années sans aucune forme de succès. La taille de l’économie chinoise est également à prendre en considération. Un poids significatif au sein d’un portefeuille global est inévitable pour la deuxième économie du monde. Mais à l’instar du Japon, il est probable que la Chine devienne bientôt trop grande pour être incluse proportionnellement dans un portefeuille régional ou émergent. Quand on parle aujourd’hui d’une exposition aux actions asiatiques, on fait souvent référence, sans même le mentionner, aux indices Asie hors Japon, l’exposition au Japon étant décidée séparément. Il serait logique que la même évolution se produise dans le cas de la Chine. Les allocataires d’actifs auraient alors deux décisions distinctes à prendre: une qui concerne les pays émergents dans leur dimension globale et une autre qui porte sur la Chine spécifiquement.

Dans ce contexte, il nous paraît important, en tant que gérant actif, de ne pas laisser les fournisseurs d’indices prendre ces décisions stratégiques à notre place. L’UBP a décidé d’adopter une approche d’investissement qui privilégie la diversification du risque pays dans le cadre de sa stratégie actions émergentes. Elle permet de mieux gérer les risques inhérents à la classe d’actifs et d’anticiper la montée du poids de la Chine dans les indices globaux. Les investisseurs souhaitant accroître leur exposition à la Chine peuvent toujours le faire par le biais d’un fonds pays. Mais ceux qui veulent investir dans les émergents comme une source de rendements différenciés bénéficieront d’une meilleure diversification de leur risque pays. D’autres approches existent, et ne manqueront pas d’être adoptées ailleurs. Toutefois, la passivité ne semble pas être la meilleure option face à ces évolutions, qui auront probablement un impact majeur sur la gestion des risques de demain.

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Mathieu Nègre
CFA, Head of Global Emerging Equities

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